L’œuvre s’inscrit dans l’exploration de la musique répétitive et se caractérise par son système additif et une rythmique qui se complexifie pour modifier les motifs initiaux. Les signatures rythmiques changent fréquemment.
2 points de départ caractérisent cette partition.
Le premier est le marteau virtuel du piano numérique, (lutherie informatique) la note est le Sol 3, l’échantillon est géré par l’ordinateur, le rythme est régulier. Il est en fait le métronome, le temps pensé, mesuré, par l’homme. C’est lui qui est à l’origine des entrées du 1er marimba et du 1er vibraphone qui sont gérés par l’ordinateur.
Un 2ème marteau en Ré (lutherie traditionnelle - piano acoustique) joué lui aussi régulièrement mais cette fois par le pianiste, va faire le contrepoint du 1er marteau en le déphasant par l’intensité du son, accent sur le 2ème ré. Ce 2ème marteau frappé par la main de l’homme va forger l’œuvre en étant guidé par le marteau virtuel au rythme implacable.
Un dialogue va s’instaurer entre les 2 univers pour ne faire qu’une seule entité sonore et démontrer que l’œuvre n’est faite que d’une seule réalité tout comme le monde.
Dans cet univers instrumental, les musiciens sont soumis à une très grande exigence rythmique et une précision absolue de leur jeu, car c'est l'ordinateur qui donne la mesure du temps.
Le second mouvement commence par un tempo plus lent et se caractérise par l'absence de la lutherie informatique jusqu'au final, c'est ici l'homme qui donne la mesure du temps.
Le contrepoint des dernières mesures, est une forme ouverte augmentée d'instruments échantillonnés, qui viennent se superposer aléatoirement aux instruments traditionnels, comme pour rendre compte d'une matière brute qui reste toujours à forger.