A chaque fois que je terminais une pièce à l'IPEM de Gand, je devais laisser à Lucien Goethals, compositeur sérialiste et directeur de l'Institut, mes notes concernant la composition, la partition et la bande magnétique.
Mais cette fois là j'étais très inquiet, car je ne lui laissais en tout et pour tout que 11 notes....et mon concept d'architecture harmonique mouvante.
Des querelles esthétiques sévissaient dans le monde musical à propos du minimalisme.
3 jours plus tard, je reviens. Je monte l'escalier recouvert d'une moquette rouge et je frappe à la porte de son bureau.
Il me regarde et très sérieusement, il me dit avec son accent Flamand " J'aime beaucoup ta dernière pièce, continue dans cette voie , je vais la programmer dans un festival en France à Rennes.
Mais si tu veux tu peux aussi faire une pièce plus plus électro, en rigolant ! "
J'étais ravi qu'un compositeur sérialiste, de sa renommée, me dise cela.
Pour la première fois de ma vie, j'entendais un compositeur tolérant qui acceptait toutes les esthétiques musicales.